La
nuit a été fraîche, on sent qu'on arrive dans les
plus hautes chaînes du Jura. Malgré un bivouac bien
installé, on a bien senti les courants d'air. Une satisfaction
quand même : il ne pleut pas ce matin. Nous partons donc sur la
crête, sur la frontière franco-suisse.
Le sentier
est jalonné par des bornes frontières en pierre
taillée, plus ou moins ouvragées. Nous passons la
corniche de "derrière le mont", qui offre une vue sur la
vallée. La partie qui suit est en pente douce et traverse des
pâturages, qui ne facilitent pas la progression car il nous faut
être plus attentif à notre orientation (pas d'arbres = pas
de marquage).
Finalement,
nous regrettons les pâturages car nous voici maintenant sur une
route bitumée. A 10h, nous arrivons à la ferme auberge du
Vieux Chateleu. Pas besoin d'une longue concertation pour entrer
commander un chocolat chaud. A l'intérieur, un couple belge
prend son petit déjeuner. Ils ont entrepris, depuis plusieurs
années, de traverser le GR5 de la Belgique à Nice. Certes
ils ne vont pas à notre allure et s'assurent un confort certain,
mais ça donne des idées pour l'année prochaine...
Petit épisode cocasse, avant de partir, entre Blaise et l'aubergiste.
Blaise : vous avez des toilettes ?
L'aubergiste : oui ; vous savez on est civilisé.
Blaise : oh je sais pas, ça aurait pu être au fond du jardin...
C'est amusés que nous reprenons la route. Pour éviter le
bitume, le GR passe à flanc de montagne, à quelques 300-400m de la
route qui elle emprunte le fond de la vallée. Cette configuration a un
gros désavantage : nous traversons des pâturages en dévers sur
plusieurs kilomètres, et on se met à craindre pour nos chevilles
Nous
progressons dans cette vallée à l'habitat
dispersé, cette fois-ci en légère descente, pour
arriver au passage des dames d'entreportes. Une plaque de rocher,
d'à peine 1 mètre de large est fichée à la
verticale, c'est impressionnant. Nous faisons une dernière pause
devant ce monument, pour préparer la montée finale vers
les rochers du Larmont.
La
montée commence tranquillement, par la route forestière.
Mais après 1km, nous découvrons devant nous ce que le
topoguide entend par "un petit raidillon" : c'est un sentier
creusé par un torrent intermittent qui grimpe droit dans la
pente... A mi-pente nous profitons des quelques fruits sauvages de
saison. L'avantage d'un sentier raide c'est qu'on avale le
dénivelé rapidement, et on arrive en haut en
légère sudation.
Nous installons notre bivouac au sommet.
Une fois n'est pas coutume, il fait beau. Le site est magnifique :
côté français nous dominons le défilé
d'entreportes de 300m, côté suisse les alpages nous
offrent une vue dégagée sur les sommets plus au sud. Mais
un vent fort remonte par les falaises et à 1350m d'altitude, il
est frais. Avant d'aller au lit, nous peaufinons l'installation de la
bâche avec pierres et branchages pour éviter les courants
d'air cette nuit.